dimanche, janvier 17, 2016

cocteau 1926


 Cocteau par Max Jacob

L'année 1926 marque, pour Cocteau, le sommet du paradoxe. Quelques mois plus tôt l'écrivain ressuscité a mis un point final à sa première pièce de théâtre, l'Orphée dont il clame à qui veut l'entendre qu'il le portait depuis quatre ans: il a subi dans une clinique de la banlieue parisienne sa première cure de désintoxication de l'opium. Dès le début janvier il regagne son paradis, le demi-bordel qu'est devenu l'hôtel Welcome, ce centre du monde de la création artistique selon l'opinion des ses amis anglo-saxons. Après l'opium, ou plutôt concurremment à lui, Cocteau tente de s'intoxiquer avec les vapeurs d'encens de la foi, dont le plus apparent produit sera la Lettre à Jacques Maritain et sa réponse, en parallèle à une fièvre de prosélytisme dont les étapes seront les baptêmes de Max Jacob, de Maurice Sachs, l'entrée dans les ordres de Jean Bourgoint, la conversion et la mort chrétienne de quelques jeunes poètes surréalistes, tandis que les chefs de file du mouvement se déchaînent plus que jamais contre le poète frivole qu'il a cessé d'être. Il se lie avec Glenway Wescott, Monroe Wheeler, Mary Butts, Christopher Wood, Francis Rose, Isadora Duncan, et prolonge son séjour à Villefranche pour composer dans le plus grand secret le texte d'Oedipus Rex, dont Stravinsky, réconcilié depuis son retour au Mont-Boron, imagine la musique, son fils Théodore préparant les décors de ce demi-opéra. Dans la réclusion de la chambre bleue où s'élève à nouveau la fumée du tabac des anges, Cocteau concocte les premiers poèmes en calembours et en prose de la section du Musée secret d'Opéra; il en forge également les équivalents plastiques.

En décembre 1926 rue Gaudot de Mauroy, Cocteau, succédant à Max Jacob, expose pour la première fois officiellement des dessins, mais surtout une série  de poèmes-objets qui peuvent passer pour les premières tentatives de création d'un art moderne post-cubiste en France. Autant les imitations de Breton sont proprettes et durables, autant les "mystères" de Cocteau visent à une poétique instantanée qui regarde vers l'avenir; une insurrection dans le champs artistique, attitude visionnaire quelque peu passée sous silence, un petit pas pour l'artiste, un pas de géant pour... qui se sente concerné.

Le catalogue de l'exposition Poésie plastique est présenté ici. Il ne contient au mieux que quatre photos noir et blanc des œuvres présentées comme "objets".
Sa préface définit son projet, le deuil de l'écriture et de Radiguet, l'accession à un niveau différent de l’œuvre d'art dont aucun dessin, aucun tableau ne rendra plus jamais compte, en quelque sorte l'acte de naissance de l'art brut.

« Du matin au soir je colle, je découpe, je brosse, j’écrase des pastels, je fais fondre du brou de noix, je mélange du rouge à lèvres et de la cire à cacheter, etc. Le résultat sera une exposition pour cet hiver. » (Jean Cocteau, lettre à sa mère, 28 août 1926).

 



1. Le numéro Barbette

Impossible de déterminer quel "objet" correspond à cette dénomination: toujours est- il qu'il s'agit du titre de l'article de 1926, republié dans Mes monstres sacrés, dont le manuscrit ajoute un autoportrait supplémentaire à Jean l'Oiseleur

pour lequel Cocteau commande à Man Ray une série de photos restées longtemps inédites, destinées à illustrer la transformation de l'acrobate Vander Clyde en "beauté surnaturelle".


 Cocteau portrait de Barbette, destiné à l'illustration de la nouvelle Deux travestis


Proposition sur-naturelle: Le numéro Barbette serait ce collage depuis exposé comme "sans titre", dont personne ne comprend le sujet: Histoire amoureuse, la chanson évoquerait alors la brève idylle née deux ans plus tôt entre les deux artistes.


2. Les baigneuses de Villefranche
3. Baigneuse (torse)
4. Baigneuse se coiffant



5. Le buste

Dès le 8 janvier 1926, Cocteau envoie à Maritain sous le titre Dernier poème ("Après je me retire du commerce des muses") une première version de ce qui deviendra Le Buste dans Opéra et marque le début du commerce avec les statues plus ou moins animées:

Il fallait y penser, voilà tout. Résoudre ce problème exige une certaine connaissance des propriétés mystérieuses du marbre. Bref, voici comment procédait le buste romain. Il attendait la nuit noire. Alors, dépliant le lacet dont la sinuosité -sans oublier celle des orbites de l'arcade sourcilière, des narines, des oreilles, des lèvres- formait ses innombrables profils, dépliant, dis-je, avec méthode, plus longue qu'un fleuve, plus solide que l'acier, plus souple que la soie, cette chose vivante, propre à se mettre en vrille, à percer les murailles, à se glisser sous les portes et par les trous de serrures, attentif (sans perdre de vue son ouvrage) à retenir les moindres nœuds qu'il défaisait et qu'il lui faudrait exactement refaire au retour sous peines de mort, le buste ingénieux et cruel, après avoir traversé plusieurs immeubles nocturnes, étranglait l'homme endormi.

L'évolution de ce même texte deviendra le monologue du Sphinx de La Machine infernale.


6. Le buste (cire)
7. Buste avec la broche
8. Tête aux punaises


9. Bustes comprenant le langage des oiseaux


Tel qu'en lui-même (section 3, 1927)

Ensuite ont commencé la cire, les ciseaux,
Les bustes comprenant la langue des oiseaux,
Les enfants, en jouant, découvrant que les bustes
Sous des gants noirs, la nuit, cachent des mains robustes.
Et la mort ravissante, adroite, sur le fil
Vite me présentant l'un et l'autre profil.




10. La mort du buste

11. Aglaonice
12. Aglaonice, reine des Bacchantes


13. La boîte de Kalmine

Le Kalmine était un antalgique présenté en boite métallique. Il devait donc s'agir d'une boite aménagée comme certains en fabriquent encore



14. Le bord du rêve

 

15. Le poète et son ciel
16. Les poètes de Nice


17. Jeune homme consultant les oracles

 probablement pas l'objet, mais dessin et collage se rapportant au même thème




18. Homme (sucre)
19. Femme aux morceaux de sucre
20. Jocaste


21. Oedipe


22. Roméo
23. Hommage à Watteau
24. Sirène
25. Heurtebise

  "Un jour que j’allais voir Picasso, rue La Boétie, je crus, dans l’ascenseur, que je grandissais côte à côte avec je ne sais quoi de terrible et qui serait éternel. Une voix me criait: "Mon nom se trouve sur la plaque !" Une secousse me réveilla et je lus sur la plaque de cuivre des manettes: ASCENSEUR HEURTEBISE. Je me rappelle que chez Picasso nous parlâmes de miracles ; Picasso dit que tout était miracle et que c’était un miracle de ne pas fondre dans son bain comme un morceau de sucre. Peu après, l’ange Heurtebise me hanta et je commençai le poème. À ma prochaine visite, je regardai la plaque. Elle portait le nom OTIS-PIFRE ; l’ascenseur avait changé de marque" (in Opium).



Photographie de l'Ange (rayogramme) par Man Ray en frontispice de la première édition séparée du poème L'ange Heurtebise (1925).

Cocteau en Heurtebise vitrier dans la pièce Orphée de 1926. (On se souviendra aussi que c'était le nom de baptême des deux barques que Cocteau posséda à Villefranche).


26. Jeune fille


27. L'oiseau
28. Découverte des pattes du Sphinx



Dans l'exposition de 1926, plusieurs "objets" font référence à une actualité brûlante. Cocteau raconte dans sa correspondance le visionnage dans un cinéma de Nice d'une bande d'actualité Pathé relatant la découverte peu avant des pattes du Sphinx de Gyzeh On sait quelle curieuse postérité aura l'idée de Sphinx et de sphinge dans son esthétique


29. Portrait de jeune homme et sa main
 
30. Boîte d'allumettes

Parmi les objets les plus susceptibles de choquer (ou qui le gênent en rapport avec leurs disputes religieuses) Maritain signale "La boîte d'allumettes hermaphrodite, les espèces de symboles mâles et femelles qui accompagnent les bustes d'Orphée et d'Eurydice. Un dessin où il y a une profusion d'urinoirs."



31. Fumeur au jardin
32. L'affaire Loeb Léopold

Actualité encore; dans la Lettre à Jacques Maritain, on lit:
Richard Loeb, 19 ans, surnommé par ses amis Face d'Ange et Nathan Leopold, 18 ans, membres de la riche communauté juive de Chicago, orgueil de l'Université, assassinèrent gratuitement, comme aurait dit Gide, un enfant,  Bobby Franks, fils de Jacob Franks, un ami de leur famille.. Détail indispensable: Leopold charmait les oiseaux. Il assistait la science... Sur lui, les oiseaux sauvages se posaient et se laissaient photographier.

dans Journal d'un Inconnu:

 Lors du procès de Loeb et de Léopold qui furent les précurseurs du crime intellectuel dont The Rope,,le film de Hitchock serait l'apothéose, l'avocat ayant dit: "Tout homme porte en soi le désir obscur du meurtre" et les juges ayant demandé, comment eux, juges, qui punissent le meurtre, pouvaient être soupçonnés d'un tel désir, l'avocat sauva les deux coupables du fauteuil électrique en s'écriant: "Ne cherchez-vous pas, depuis plusieurs semaines, à tuer Loeb et Léopold"

puis, même dans le Discours de réception à l'Académie française:

   J’aime aussi que Loeb et Léopold, deux jeunes Américains qui avaient trop lu Gide, deux jeunes adeptes de la gratuité, deux jeunes meurtriers intellectuels, se soient fait prendre en oubliant un couteau à papier près d’une de leurs victimes.
   Un encrier. Un couteau à papier. Voilà, me direz-vous, des armes qui relèvent de notre exercice.



33. Paquet de sang

Le poème Paquet rouge du Musée secret (Opéra) dit:
Mon sang est devenu de l'encre. Il fallait empêcher cette dégoûtation à tout prix. je suis empoisonné jusqu'à l'os. je chantais dans le noir et maintenant c'est cette chanson qui me fait peur. Mieux encore: je suis lépreux. Vonnaissez-vous ces taches de moisissures qui simulent un profil? (...)
Cette chevelure, ce système nerveux mal planté, cette France, ne sont pas à moi. Ils me dégoûtent. Je le ôte la nuit en rêve.
J'ai lâché le paquet. Qu'on m'enferme, qu'on me lynche. Comprenne qui pourra: Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité!


34. César pleurant devant la statue d'Alexandre
35. La Grèce chantant son chant de mort


36. Mains et pieds de plâtre attaquant les hommes au bord de la mer


Dans le deuxième volume du Passé défini, Cocteau se souvient: "J'ai promis une toile au directeur du musée de Grenoble. Il a retrouvé le carton que j'avais jadis offert au musée à la demande de l'ancien directeur. C'était l'époque d'Orphée (Villefranche). Cavaliers attaqués par des mains de plâtre. Tel était le titre du carton (sic). J'aimerais qu'on me le rende en échange de la toile. il a échappé par miracle aux vols de Maurice Sachs."

On comprend ce qui est donc advenu d'une partie des objets de Poésie plastique et la difficulté à en retrouver la trace.



37. Théâtre grec

Toujours est-il qu'en un clin d'oeil, l'homme fut happé, entraîné, déshabillé, scalpé, châtré, écorché vif, aveugle, et recouvert d'un costume d'Oedipe, au milieu d'innombrables rires, dominés par une voix fraîche criant: C'est bien fait!

in Théâtre grec, poème en prose du Musée secret d'Opéra

38. Origines de la tragédie
39. Comédie grecque
40. Orphée (allumettes)



41. Orphée (épingles à cheveux)
42. Orphée (cire bleue)
43. Orphée (drapé)
44. Orphée (bougie)
45. Douleur d'Orphée


46. Orphée et Eurydice


(supposition, en raison des matériaux utilisés, auxquels Cocteau ne reviendra guère)
Sans doute à rapprocher de ce dessin probablement de la même année

 


47. Orphée aux bêtes


48. Opéra

Plus probablement dans l'intention, quoique apparaisse (ultime provocation?) le titre du recueil suivant, Orphée à l'Opéra.

Cet objet est un motif de dissensions entre Cocteau et Maritain qui tente de dissuader le poète d'exposer certaines oeuvres qu'il juge peu conformes à l'esprit de la Lettre parue la même année. Sur celui-ci en particulier Cocteau répond (18 octobre 1926): "Jamais je n'ai été plus stupéfait de ma vie. J'ai beau me rappeler le dessin de toutes mes forces (...) je n'arrive pas à comprendre cette histoire de lorgnette. Si je ne me trompe, la statue tient ses gants. Plus bas, sur le rebord en velours rouge de la loge, comme dans "La Loge" de Renoir sont posées les lorgnettes en nacre que j'ai toujours vu ma mère emporter à l'opéra. Après avoir tout passé en revue je me demande (pardonnez-moi) si ces lorgnettes n'auraient pas une forme obscène -mais je n'ose vous accuser de pareilles turpitudes du regard. Alors, c'est à ne plus oser écrire une ligne, ni poser une couleur, moi qui étais si fier de cette nacre."

49. Orphée au cheval (1)
50. Orphée au cheval (2)


51. Scène d'Orphée





Dans Quand nous étions trois, souvenirs de Glenway Wescott, (mis en forme par son exécuteur testamentaire, Anatole Pohorilenko), la rencontre entre l'auteur américain et Cocteau est évoquée comme suit (traduction et citation Jacques Biagini):


Il occupait une chambre d'angle avec un balcon (note: au Welcome Cocteau occupait en saison basse, deux chambres, l'une "officielle", l'autre, exiguë, pour y fumer l'opium). C'était une drôle de chambre sentant toujours l'opium. une petite silhouette squelettique, fabriquée avec des débourre-pipes, était suspendue à l'ampoule électrique et bougeait lentement dans les courants d'air. Les meubles étaient couverts d’innombrables objets, faits de boites d'allumettes, de morceaux de sucre, de cire à cacheter et de carton ondulé. Tout cela représentait des scènes de tragédies grecques. Il les appelait "mysteria".

dédicace d'Opéra à Glenway et Monroe (juillet 1927)

Projet de couverture (elle sera finalement réalisée par Christian Bérard)
Dans ce dessin des deux amis, phénomène presque unique, l'étoile de la signature est devenu un coeur


Wheeler par Platt-Lynes


La dernière section d'Opéra dérive à l'évidence des objets de Poésie plastique dont les poèmes en prose sont de véritables commentaires. Le titre Musée secret avait déjà été utilisé par Cocteau pour désigner la plaquette de vers (gentiment) érotiques offerte aux souscripteurs d'Escales (en collaboration avec le peintre André Lhotte).

Dans Essai de critique indirecte Cocteau rappelle encore le fait que ces textes étaient écrits dès 1926, puisqu'il ne parait pas avoir séjourné à Villefranche l'année suivante, et que Wescott et Wheeler s'installent à la villa La cabane en 1927.
"Il y avait dans notre Villefranche comme des secrets qu'on se chuchote à l'oreille. Et je me vois encore circuler entre ma chambre et celle de Glenway Wescott et Monroe Wheeler pour leur dire les textes du Musée secret, textes où je donnais à nos énigmes la froide allure d'un procès verbal".

Man Ray, portrait de Platt-Lynes en 1927

L'ombre de Cocteau plane néanmoins sur ses amis, comme en témoigne le poème de Glenway Wescott, Venus on the shore, daté de 1927, dans lequel Wescott raconte comment il fut éconduit par Jean Bourgoint sur la plage de Villefranche.

Venus on the shore, a poem about Jean Bourgoint

Sweet danger trashed up on the shore, Venus
In whom, wrong end to, is planted a knife,
Your delight and our undoing, velvet bellied wife
Of the hilt, whose blade is turned toward us,

Having on hot seaweed, in a night's toil
With you tossed -body lying open and mouth shut-
Of my intestines the knot has been cut,
In my lanced heart the blood and and salt water boil.

Having with the sea roo near you on the sand
Rolled in an embrace not even by the sea dissolved,
The knife, to carve your initials on me, revolved,
Held firm between your thighs as if in a hand...

Therefore there drips one drop of rage for one
Of regret, from me, sorrow staining my bed-
Wept by a wound instead of an eye, not white but red
Are my tears in honor of the harm you have done.

                                          Villefranche-sur-Mer, 1927

Dans Des Hommes, Joseph Kessel, familier de Cocteau, se souvient également de la chambre du Welcome. On croît comprendre par son témoignage que figurait dans l'exposition de la galerie des Quatre Chemins, au moins une tête sculptée en débourre-pipe:
"Voici quelques semaines, dans la petite chambre où Cocteau s'est retiré avec ses armes de poète, se balançait au-dessus de son lit une tête grandeur naturelle. Elle avait été construite par lui avec un fil souple, solide et blanc. L'air circulait entre ces linéaments mystérieux. A travers leurs inflexions, on apercevait les murs de la chambre. Cette tête vide, ajourée, blanc dessin dans l'air obscur, de quelque côté qu'elle s'inclinât, vivait d'une vie profonde, invisible. Quand je relis les poèmes d'Opéra, c'est à elle que je songe."
Et Jacques Biagini (qui fait cette citation) de commenter: "Une de ces têtes en débourre pipe a été achetée par un américain et une autre acquise par le vicomte Charles de Noailles, fut détruite, entre autres choses, par la vicomtesse furieuse de la liaison de Jean Cocteau avec Nathalie Paley, ne voulant plus rien de lui chez elle.

Ainsi s'explique la série de photos de Man Ray en 1928, où l'on voit Cocteau s'amuser de l'ombre de cette tête devant les époux Noailles et George Auric, cette même tête qu'on retrouvera dans Le Sang d'un Poète.

 



Quant à Nathalie Paley, sa photographie est au centre du dernier "dessin-collage" de Cocteau, où l'artiste la prolonge en sphynge.



La représentation date de 1932, l'année où Cocteau, à la poursuite de Desbordes et de Pas-de-Chance, trouve en clinique à Toulon sa vengeance envers Mme de Noailles, lorsqu'il esquisse dans son album de croquis la série de La Vierge au grand C.

vendredi, octobre 23, 2015

musée cocteau accrochages passés... et plus


Exposition 2014

L'exposition de 2014 s'intitulait Cocteau, Matisse, Picasso, méditerranéens. Cet accrochage s'articulait autour du début des années 50, période où les trois artistes se retrouvent sur la côte d'azur, Cocteau à Saint-Jean, Matisse à l'hôtel Regina, Picasso sans son nouvel atelier de Cannes, villa La Californie.


Le visuel principal de l'affiche montrait un dessin de Cocteu intitulé L'inspiration: la femme peintre, dont le style rendait hommage aux deux autres peintres. Le nouvelle technique utilisée à cette occasion allait devenir pour Cocteau le style associé à sa série des Innamorati, histoire semi-parodique des amours des pêcheurs dans un Villefranche reconstitué sous le grand soleil jaune caricatural, qu'Edouard Dermit offrira au musée du bastion.


Ci-dessus, la collection officielle des 21 cartes postales reproduisant la collection des Innamorati du bastion.

Cocteau portrait cubiste 1961

Le Passé défini, 23 décembre 1960

J'ai prié Picasso de me retrouver le pastel que j'avais tant admiré l'autre jour eu qui résultait d'une superposition des Caran d'Ache que nous employons toujours mais très difficile à reconnaître sous cette astuce...
Il me rappelle que ces crayons étaient de la cire et se superposaient sans se mélanger, formant en quelque sorte des glacis et en outre qu'ils n'exigeaient as qu'on les fixe... Revenu au Cap, j'ai fait l'essai de cette méthode.



Innamorati (collection du bastion)










Judith et Holopherne
 

Judith et Holopherne: trois exemplaires de cette tapisserie ont été réalisés, l'un est toujours à Santo Sospir, les deux autres appartiennent au musée de Menton.
La tapisserie est exposée pour l'ouverture de la Galerie des Ponchettes à Nice (9 fev-8 mars 1953), où Cocteau, après les avoir fait circuler en Allemagne, présente ses premiers tableaux.

1er août 1951

Ma tapisserie est arrivée d'Aubusson. En ce qui concerne l'artisanat d'Aubusson, c'est un chef-d'oeuvre -car les ateliers ne "modulaient" plus (le terme est de Matisse), la mode les poussant à juxtaposer des teintes plates. je m'étais adressé, par prudence, à l'atelier Bouret, lequel se spécialise dans les copies des XVIIè et XVIIIè siècle. On s'étonne d'autant plus de voir avec quelle fidélité les taches de pastel sont reproduites, transcrites dans mes moindres frottements et flottement, que les ouvrières travaillent à quelques centimètres d'un calque approximatif enroulé à plat et n'obéissent qu'à l'oeuvre elle-même, qui se trouve assez loin dans leur dos. La richesse et la diversité des laines sont incroyables. Les mélanges fondus les uns dans les autres.
La tapisserie représente Judith quittant le camp de Holopherne. Son acte est derrière elle. La tête de Holopherne, qu'elle porte, est défigurée par la mort. Judith n'est plus une femme. C'est la plume pour écrire son histoire, le sarcophage pour la conserver. elle traverse, comme un fantôme juif, les groupes de gardes qui dorment au clair de lune. En haut, à droite, sa servante, pareille à un insecte, jette un dernier coup d'oeil dans la chambre où la décollation eut lieu.

Détail


carton de Rougier d'après l'original de Cocteau, réalisé à Milly-la-forêt au cours de l'automne 1948, au pastel sur trois panneaux de bois juxtaposés "préparés au noir comme des ardoises."


Photo Robert Randall: Cocteau travaillant au carton de la tapisserie (1949)


études pour le soldat endormi



Reprise au trait du garde de gauche dans Démarche d'un poète




L'exposition Les Méditerranéens fut l'occasion de montrer divers tableaux (certains prêtés par la maison de Milly), qui figuraient dans l'exposition de Nice en 1953.

Ulysse et les sirènes




15 septembre 1951
L'atelier Bouret d'Aubusson m'écrit que par manque de travail il entre en chômage. Je vais lui confier l'exécution d'Ulysse et les sirènes. Une toile ne peut être aussi coûteuse que la Judith.

Note de Cocteau dans l'exposition de Nice, Galerie des Ponchettes : "Ulysse s'est fait attacher au mât et mettre de la cire dans les oreilles. Un matelot couché a enfoncé son bonnet jusqu'aux oreilles.. Les sirènes bondissent, chantent, s'étonnent de leur insuccès. L'une d'elle arrive de loin, à toute vitesse".

8 novembre 1951
Rangements épuisants. partons demain matin par la route. Lettre d'Aubusson très drôle: "Nous commençons la tête à Ulysse."

Francine veut commander à Aubusson un second exemplaire de la tapisserie Judith et Holopherne.


La Tentation sur la Montagne

16 septembre 1951
Je crains que la peinture ne m'attaque les doigts. Beaucoup souffert des doigts cette nuit. Je voudrais pourtant peindre au retour de Paris une grande toile: Jésus tenté par Lucifer, où toutes les formes seraient inscrites dans des triangles.

Note de l'exposition niçoise de 1953:
"Jésus écoute Satan qui lui offre le monde visible. Il écoute à peine. Son regard est ailleurs."
On notera à gauche la présence du petit tableau Les yeux vairons, présenté plus loin.

Dimanche (29 septembre 1951) 
Je commence à préparer mes dessous sur isorel pour La Tentation sur la Montagne. Préparatifs à l'essence. Ensuite je vernirai au vernis à retoucher. Ensuite je peindrai dessus par couches successives.

3 octobre
J'ai recommencé la Tentation sur la Montagne dans un style beaucoup plus dur. Je me laissais aller à peindre en n'y ayant aucun droit. Il faut que je remplace la science de peintre par une autre science de poète. Il faut que mes sources de lumière viennent de l'esprit.

6 octobre
Travaillé ce matin à l'arbre et au ciel. J'ai peint la nature morte (verres de vin rouge, pomme, cruche)dans un style fruste et réaliste pour souligner l'irréalisme du reste. (Les triangles -la robe du Christ de deux rouges différents - le Satan frisé -l'auréole transparente.) Le ciel qui a l'air fou est une copie exacte du ciel de la Côte le soir où les Castaing sont venus à Santo-Sospir, la semaine dernière.



lundi 8.
Je vois bien dans quel sens un peintre pousserait le tableau sur lequel je me fatigue. Mais une retouche en entraîne une autre et ainsi de suite. Ma seule chance est de réussir du premier coup. (La pomme sur la table). Il suffisait d'un peu de jaune clair pour qu'elle vive. J'eusse aimé naître peintre. Ecrire n'est pas un vrai travail.

Le difficile est d'obtenir un relief, une profondeur avec cette volonté de triangles plats. Peut-être faudra-t-il donner des lumières dans les surfaces plates. (Les deux rouges de la robe du Christ.)


 
Croquis des triangles de la construction dans Le Passé défini



11 octobre 1951
Aujourd'hui Spiro (peintre d'origine hongroise résidant à Beaulieu) est venu. Il m'a fait vernir la nature morte de la table. Les deux verres de vin rouge. La pomme. La cruche. Je ne vernirai pas la nappe triangulaire. Je vernirai le reste. Spiro me conseille de vernir au vernis à retoucher ( où les couleurs revivent comme les coquillages dans la mer) et de revernir la nature morte au vrai vernis, afin qu'elle arrive au maximum de relief.
J'avais travaillé les figures du Christ et du Satan. Le Satan est charmant, comme de juste. C'est un Satan qui sort d'Ecbatane. Un des Satans adolescents de Verlaine. Il parle, il parle, il démontre, il cherche à convaincre. Le Christ écoute, mais il écoute d'ailleurs et d'une oreille. J'ai pensé si intensément chaque millimètre de cette toile qu'il en résulte que la toile pense.  Cela remplace le métier de peindre qui me manque, quoique Spiro en dise. Il est dommage que cette planche soit si lourde. Je voudrais la faire transporter à Munich. Elle donnerait un sens à l'ensemble. Cette grande composition résume les recherches de ces six derniers mois et si je m'acharne à peindre, c'est d'elle que je repartirai, sur elle que je reprendrai mon élan. C'est une grosse planche tremplin.



Max Jacob a raison de dire: "un tableau tourne, tourne, tourne. Quand il ne tourne plus, c'est qu'il est fini?" Mon tableau s'est arrêté de tourner ce matin. je ne peux que renforcer des touches, rendre des surfaces plus lisses, ombrer encore le paysage vu à vol d'oiseau. C'est un tableau bien raconté. Un tableau de poète. Les seuls auxquels je puisse prétendre. Spiro a remarqué le fusil vert pâle formé par le ciel entre les bras du Satan irisé. Le Satan feint le charme et il vise le Christ avec ce fusil. On dira sans doute encore que ce Satan est un "nègre". Les gens prennent toutes les figures sombres pour des nègres. Je constate de plus en plus combien les gens voient mal ce qu'on leur montre, ne jugent que d'un oeil et vite. Je plains les peintres qui cherchent des spectateurs compréhensifs. Je n'expose pas. Je m'expose. Je m'expose même au ridicule.



14 octobre
Cette nuit, j'ai peint les crocus. L'un sous la chaise de Satan, comme s'il sortait de sa cheville, l'autre à l'extrême droite entre la robe du Christ et le paysage. Spiro m'aillant fait remarquer, pendant qu'on photographiait que la main sombre de Satan avait l'air de toucher la joue du Christ, j'ai éclairé cette main. Il est possible que je change sa pente et que je découvre le doigt tendu. Sur la main droite du Satan et sur le poignet gauche et la saignée gauche j'ai peint des veines
comme sur la main du David de Michel-Ange. Il faudrait le rendre très humain malgré sa couleur animale, très terrestre (Prince de ce monde). Par contre le Christ, traversé par des lumières et des formes du paysage est à moitié là, à moitié ailleurs.


17 octobre
La planche d'isorel de La Tentation du Christ commence à jouer, à se tordre. S. suppose que c'est la monture de bois...



Femme endormie et son étude




Les Yeux vairons (portrait d'un danseur espagnol)


dans l'exposition Les Méditerranéens, ces tableaux cohabitaient avec quelques œuvres majeures réalisées pendant l'exposition des Ponchettes et largement commentées dans le Journal.

Mme Favini et sa fille


Dans Le Passé défini (journal de Cocteau), le première référence à madame Favini apparaît, probablement dans un échange avec Picasso, le 21 octobre 1951:
"Vous ne trouvez pas que madame F. est bête? Oui, elle est très bête. Comme tout le monde". Une note qui l'identifie compare le personnage au compositeur Rufus, auteur du pantodrame Das Kreutz, inventé en 1934 pour l'amusement d'Igor Markevitch, ou, dans les années 40 au général Clapier.

13 février 1953:

Le veau d'or est toujours de boue.

La préfète me demande: "Continuez-vous à peindre?" Je réponds n'importe quoi: "Il faut que je fasse le portrait de Mme Favini. -Alors vous irez à Milan? -Bien sûr." Etc. Mme Favini commence à prendre forme. Sans doute serai-je obligé de faire le portrait de Madame Favini. Ensuite, elle existera. Elle aura chez elle des tableaux superbes. Elle ne supportera que la musique de Schönberg. Elle aura un mari qui gagne une fortune immense dans les chaussures. Il est possible que Thérèse me dise un jour: "Mme Favini a téléphoné".

René Bertrand viendra me voir à quatre heures. Thérèse lui a dit au téléphone que j'étais sorti. "Pourquoi lui avez-vous dit que j'étais sorti puisque je sors pas?" -Parce que Monsieur dormait". Et elle ajoute: "Une impératrice indochinoise a demandé si La Tentation sur la Montagne était à vendre."
...

Mme Favini, née Torsenu.

18 février
J'ai commencé le portrait de Mme Favini et de sa fille. Tout vient par triangles et courbes qui s'y inscrivent.
En somme, pour lire un poème de moi (Le Chiffre Sept par exemple) pour voir une de mes toiles, il faudrait un Champollion qui découvre le secret de l'écriture. Il l'enseignerait aux autres et à moi-même. Je m'exprime par hiéroglyphes.

22 février
Je compte refaire toute la grande toile de madame Favini. Dans ce portrait imaginaire, il faut plus d'audace. Une grande caricature peinte dépassant le style de la caricature.

Style de madame Favini: "c'est dépassé" - "Je le trouve un peu trop subjectif" -"Il n'est pas atonal." -"D'Annunzio, tout de même..." -"J'aime à mettre Favini dans ses petits souliers" ou "Je te vois venir avec tes gros sabots." (Favini s'est enrichi dans les chaussures.)
Lucia dit: "Papa est un B.O.F. -Allons, allons dit sa mère, laisse ton père tranquille, petit diable." -J'ai donné à ma fille des jouets superbes. Elle n'aime jouer qu'avec le Fly-Tox." -J'adore les cheminées d'usine et les bijoux." -"Mon mari a acheté des vieux trucs de Picasso." C'est Favini qui m'a commandé le portrait. Je me demande pourquoi.)
Les Torsenu étaient une famille de gros industriels de Nantes. Madame Favini en a gardé la précision dans le chiffre. Elle dit par exemple: "Le fisc a essayé de nous avoir. Il peut courir." Très liée avec maître Machiavel, avocat du parti communiste. "Ma femme, dit Favini, est une véritable Joconde moderne. Quand elle sourit, elle me fait peur."  Elle: "Leonardo était un touche-à-tout, un fantaisiste. Je déteste le fantaisistes. Je m'arrête à Schönberg." -"Paul Valéry m'amuse à cause de son enfantillage." Très déroutante, très hautaine -très péremptoire: -"Le palais Farnèse est un vrai bric-à-brac. je n'y vivrais pas cinq minutes. Je ne m'en suis pas cachée à l'ambassadeur." -"Le pape a du chic." -"La reine d’Angleterre fait bien son boulot. Je ne le ferais pas, mais il faut reconnaître qu'elle le fait bien." Le noir et le vert pâle sont ses couleurs. Elle ne porte que des perles. "On n’attrape pas les perles avec du vinaigre." En posant elle me parle de ses ancêtres: "Les Torsenu sont des échevins." -"J'ai fait arranger mes oreilles par Claoué. Je ne m'en cache pas. Je trouve ridicule qu'on cache ce genre de choses."
Quelquefois, elle est méchante: "Je crois qu'on a décoré Colette. Quel est le nom du décorateur?" Quelquefois, elle minaude: "Je suis une provinciale. Une pauvre provinciale. Racontez-moi ce qui se passe à Paris. En est-on encore aux abstraits?"

25 février 1953

Au sujet de madame Favini, Picasso dit qu'il passe son temps, dès le matin, avec Sabartès (son secrétaire) à inventer ce genre de fables et à leur donner corps. C'est le meilleur exercice pour l'imagination. Il dit : "on ne peut inventer que ce qui existe." C'est pourquoi ce qu'on invente finit toujours par être réel.
...
Couvert toute la toile Favini. Maintenant il faut peindre.
Madame Favini : "Je ne sais pas d'où ma fille peut tenir son profil de couteau à poisson."

4 mars

Presque terminé le portrait Favini. J'écrivais à Françoise (Gillot, compagne de Picasso): "cette femme de tête s'est arrangée pour que la pointe de sa collerette coïncide avec la boule du lustre entre celle de la lune (par Scarpia) de sa boucle d'oreille, de sa bague et du Fly-tox de sa fille -choses auxquelles je n'aurais jamais pensé moi-même.

Pâle et rouge d'ongles
Madame Favini
N'en a jamais fini
Entre les boules et les angles
Avec lesquels sa grâce jongle.

Madame Favini : "Faites bien les taches de rousseur de ma fille. Il faut qu'elle sache un jour combien elle a été laide."

Notice (inédite, fonds de Milly, citée en annexe du Passé défini, Tome II)

Madame Favini, née Torsenu, est originaire de Nantes. "Ma famille dit-elle est une famille d'échevin." Monsieur Favini a fait une considérable dans les chaussures. Leur fille Lucia (est rousse. Elle) refuse des jouets magnifiques. Elle ne s'amuse qu'avec le Fly-tox. Madame Favini ne supporte que Schönberg et que Rilke. Elle affirme cependant être de l'"âge atomique". Son mari dit d'elle : "Ma femme est une Joconde moderne" En outre, madame Favini est la protectrice du célèbre peintre de marines et ancien futuriste, Scarpia. Voilà en quelques lignes, une esquisse de cette femme de tête, dont j'expose le portrait.

POEME

La Signora Favini
Assise dans ses triangles
Noble jusqu'au bout des ongles
Interroge l'infini.


7 mars

Matisse me téléphone qu'il a été (sic) hier voir l'exposition et qu'il a trouvé la tapisserie splendide.

15 mars 1953

J'ai été déjeuner  à Vallauris chez Picasso...
Favini, les rapports de madame Favini et de maître Machiavello, l'avocat communiste de Milan. Nous avons beaucoup parlé de cette famille et du danger de connaître des gens pareils.
... Avant-hier, comme j'attendais Jacques Ibert, on m'annonce un monsieur et une dame. J'ai cru que c'était les Ibert. Je me trouve en face d'un couple que je ne connais pas. La dame me dit:" Nous venons de la part de madame Favini." C'était Solange Morin, envoyée par Françoise.

17 mars
Matisse m'avait téléphoné: "Votre tapisserie est splendide". Picasso la passe sous silence. Il m'a semblé comprendre que cette réussite lui était insupportable. Il m'a surtout parlé des dessins de Francine et du portrait de madame Favini qu'il trouve supérieur à tout le reste.

Jeudi (26 mars)
Madame Favini. J'avais envoyé à Picasso cette dépêche de Milan : "Exige excuses et auto-critique de Cocteau pour mon portrait. Compte sur votre témoignage. Léonor Favini."

Et voilà, comment, proche de sa fin, madame Favini acquérait un prénom, celui de Léonor... Fini, laquelle illustrait justement le poème La Galère de Genet.




La Naissance de Pégase


3 avril 1953
Depuis quatre jours je m'acharne sur la grande toile : Naissance de Pégase. Organisation de lignes d'une difficulté extrême. J'ai pu tout établir ce matin. Je n'ose pas commencer à peindre. Je sais ce que je dois faire -mais je me demande si j'en serai capable. Il y a un an que je rêve sur ce tableau. J'aimerais arriver à réussir le tableau littéraire, type.


8 avril 1953

En mon absence j'ai demandé à Doudou de peindre le crabe esquissé en bas à l'extrême droite de la Naissance de Pégase.

Je recherche encore la signification du mythe de la Naissance de Pégase. La poésie naissant de la tête coupée de la Gorgone. Je ne représenterai pas le visage de Persée. Impossible de "représenter" le visage du héros qui participe à ce mystère.

La figure de Pégase (déjà sur le rideau de Parade en 1917) apparaît également sur le plafond de la Salle des Mariages de la Mairie de Menton.




 Il est aussi le sujet de cette lithographie Les Poètes




Affiche d'exposition


Quelques céramiques




Cocteau-Moretti Bacchanale


Cocteau esquisse Les Amoureux




Vitrail épinglé




Cocteau et Oedipe


détail du Rideau de scène d'Oedipe-Roi


Le complexe d'Oedipe
Oedipe (pastel)


Tableaux de Chevalet



Le maçon au bonnet de papier (1963?)


Autoportrait à la veste jaune



Portrait du danseur Georges Rech

Jean Marais à son chevalet


La leçon d'anesthésie

Sommeil hollywoodien




 FLEURS










Ci-dessous le tout premier tableau de Cocteau (selon l'histoire officielle) Narcisse et Jacinthes


Le vase étrusque


Jeune fille de Milly, record de vente pour une toile de Cocteau

Jeune homme au puits

Cocteau et Clouzot discutant son Portrait de Colette




Castor et Pollux


Cocteau posant dans le jardin de Santo Sospir avec Tête d'Orphée Mort



Autres tableaux entrevus dans le film documentaire "amateur" La villa Santo Sospir:



Orphée attaqué par les bacchantes



Orphée Lauré


Champ de blé





Portrait de tragédienne


Phèdre et Oenone



Trois versions d'Orphée au feuillage
Le tableau
La tapisserie
La mosaïque




Pastels









Faune méditerranéen



Jeune homme étrusque

La lettre d'amour
Le chat sur le toit


Masque